Comment créer son entreprise sans se perdre en route : la méthode pour cadrer son projet
Hésiter est normal. Ce guide vous aide à poser un cadre clair pour avancer concrètement, sans bling-bling et sans vous raconter d’histoire.
Créer son entreprise, ce n’est pas “trouver la bonne idée” ni “choisir le bon statut”. C’est faire naître un projet dans le réel : comprendre un marché, créer de la valeur, tester, ajuster, puis structurer.
Synthèse stratégique (Lecture 1 min)
Ce que vous allez comprendre sur cette page :- Le biais n°1 : le “statut” : beaucoup de personnes cherchent à devenir “entrepreneur” ou “startuper”. En réalité, on n’entreprend pas pour porter une étiquette, on entreprend pour faire naître un projet de création d’entreprise et le faire vivre dans le réel.
- Le biais n°2 : la “bonne idée” et l’objet brillant : ce n’est pas l’idée qui paie. Ce qui paie, c’est une réponse claire, efficace et lucrative à une demande existante. Le marché décide, pas l’ego.
- La réussite sans philosophie : ici on ne débat pas de “réussir”. Il y a des objectifs atteints (ou dépassés) et des objectifs non atteints. Point. Ce cadre évite les illusions et remet l’énergie au bon endroit.
- Les 4 profils à distinguer : le wannapreneur (intention sans traction), l’esclavpreneur (activité qui enferme), l’entrepreneur (réponse structurée au marché), et le créateur de valeur augmentée (système + méthode + leviers).
- La méthode utile pour avancer quand on hésite : réduire l’incertitude par étapes : clarifier → tester → mesurer → ajuster → structurer. L’objectif n’est pas d’être parfait, mais d’être lucide et progressif.
1. Le grand malentendu de la création d’entreprise
1.1. Le fantasme entrepreneurial : liberté, contrôle et reconnaissance implicite
Lorsqu’une personne commence à envisager la création d’entreprise, elle ne part jamais d’une page blanche. Elle arrive avec un imaginaire déjà chargé : plus de liberté, moins de contraintes, le contrôle de son temps, parfois aussi une forme de reconnaissance implicite.1.2. Comment créer son entreprise sans se piéger : quand l’étiquette précède le projet
Un biais très courant consiste à chercher un statut avant de chercher un projet. Entrepreneur, indépendant, startuper… ces mots deviennent des objectifs en eux-mêmes. Dans la réalité économique, ces statuts n’ont aucune valeur opérationnelle. Ils n’expliquent ni ce qui est vendu, ni à qui, ni pourquoi quelqu’un paierait. Ce biais conduit souvent à des raisonnements inversés :- choisir un statut avant de clarifier une proposition
- se demander “quelle forme juridique ?” avant “quelle valeur ?”
- penser protection ou optimisation avant viabilité
1.3. L’illusion de la “bonne idée” et la fascination pour l’objet brillant
Autre malentendu fréquent : croire que tout repose sur la “bonne idée”. Beaucoup de porteurs de projet passent un temps considérable à chercher une idée originale, différenciante, voire “disruptive”. Dans la pratique, le marché ne rémunère pas l’originalité en soi. Il rémunère la capacité à répondre clairement à une demande existante, avec moins de friction ou plus de valeur que les alternatives. La fascination pour l’objet brillant — la tendance du moment, l’outil à la mode, le concept “innovant” — détourne souvent de l’essentiel :- qui a réellement ce problème ?
- comment le résout-il aujourd’hui ?
- pourquoi changerait-il ?
1.4. Sortir du jugement : entreprendre n’est ni un courage, ni une faute
Il est important de poser un dernier point dans ce premier cadrage. Entreprendre n’est pas une obligation, ni une preuve de courage, ni une voie supérieure. Certaines personnes hésitent longtemps, et c’est parfaitement compréhensible. L’incertitude, le changement et la responsabilité ne sont pas naturels pour l’être humain. Le doute n’est pas un défaut : c’est souvent un mécanisme de protection. Ce contenu ne cherche ni à glorifier l’entrepreneuriat, ni à le décourager. Il vise simplement à enlever le bruit, pour permettre à chacun de réfléchir avec plus de clarté. Entreprendre, c’est accepter de ne pas tout savoir au départ. Mais c’est aussi refuser de se raconter des histoires sur ce que le projet est censé apporter.2. Pourquoi la majority des projets échouent avant même de commencer
Créer son entreprise devient difficile quand le projet reste trop longtemps au stade de l’intention, sans test réel et sans cadre de décision.2.1. Confondre envie d’entreprendre et projet entrepreneurial
Beaucoup de projets ne s’arrêtent pas parce qu’ils sont mauvais. Ils s’arrêtent parce qu’ils n’ont jamais réellement existé en tant que projet. Il y a une différence fondamentale entre :- avoir envie d’entreprendre
- et porter un projet entrepreneurial
- Quel problème précis est adressé ?
- Pour qui, exactement ?
- Comment cette personne se débrouille aujourd’hui ?
- Pourquoi changerait-elle ?
L’IA : Le levier pour ne pas « rester sur le quai » dès le lancement
La majorité des créateurs s’épuisent dans l’exécution de tâches administratives et techniques qui ne créent aucune valeur. C’est ici que la technologie change la donne : intégrer l’intelligence artificielle n’est plus un gadget, c’est une stratégie d’investissement pour réussir sa création d’entreprise en restant agile. En couplant votre vision avec une automatisation des processus métier intelligente, vous ne vous contentez pas de créer son entreprise : vous bâtissez un système capable de scaler sans absorber toute votre énergie. Pour comprendre comment passer concrètement de l’idée floue à une structure optimisée, découvrez comment intégrer l’IA et l’automatisation à votre activité dès le premier jour.2.2. Le piège de la motivation et du “mindset”
Le discours dominant met souvent la motivation au centre de tout. Il suffirait d’y croire, de persévérer, d’avoir le bon état d’esprit. Dans les faits, la motivation est instable. Elle varie selon :- la fatigue
- les contraintes financières
- les retours négatifs
- l’incertitude prolongée
2.3. Décaler les décisions structurantes par peur de se tromper
Un autre facteur d’échec précoce est le report des décisions importantes. Par peur de “mal faire”, beaucoup repoussent :- la définition de l’offre
- le choix d’un positionnement
- les premiers tests terrain
- la confrontation à de vrais clients
2.4. L’absence de confrontation au marché
Le point commun de nombreux projets qui échouent rapidement est simple : ils n’ont jamais rencontré leur marché. Ils ont été :- pensés seul
- validés par l’entourage
- affinés théoriquement
- les hypothèses restent des suppositions
- les ajustements arrivent trop tard
- la désillusion est brutale
2.5. Vouloir “bien faire” plutôt que faire exister
Enfin, beaucoup de projets se bloquent dans une logique de perfection. Tout doit être prêt : le nom, le logo, le site, le statut, l’offre finale. Cette recherche du “bien fait” retarde le seul moment qui compte vraiment pour créer son entreprise : faire exister quelque chose, même imparfait, dans le réel. Un projet n’a pas besoin d’être abouti pour être testé. Il a besoin d’être compréhensible, utile et confrontable.3. Passer de l’idée floue à un projet structuré
3.1. Clarifier l’intention avant de chercher une solution
Avant de parler d’offre, d’outil ou de modèle économique, une étape est souvent négligée : clarifier l’intention réelle du projet. Pas l’intention “idéale”, mais l’intention concrète, située, compatible avec la réalité de la personne qui veut créer son entreprise.- Pourquoi ce projet maintenant, et pas plus tard ?
- Qu’est-ce que je cherche réellement à changer dans ma situation actuelle ?
- Quelles contraintes ne sont pas négociables (temps, argent, énergie) ?
- Qu’est-ce que je refuse de sacrifier pour ce projet ?
3.2. Partir du problème avant de partir de la solution
Une erreur fréquente consiste à partir trop vite d’une solution : un service à proposer, un produit à créer, un concept à lancer. Or, un projet viable commence toujours par un problème identifié. Pas un problème abstrait, mais un problème vécu, répété, et suffisamment gênant pour justifier un changement. Pour cadrer ce problème, il est utile de préciser :- Qui rencontre ce problème, précisément ?
- Dans quel contexte apparaît-il ?
- Comment est-il géré aujourd’hui ?
- Quelles sont les limites des solutions existantes ?
3.3. Identifier une demande solvable (et pas seulement un intérêt)
Toutes les frustrations ne deviennent pas des opportunités économiques. Certaines sont tolérées, d’autres sont contournées, d’autres encore ne justifient pas un paiement. La différence entre intérêt et demande solvable est centrale. Une demande solvable se reconnaît par plusieurs signaux :- le problème est récurrent
- des solutions alternatives existent déjà
- les personnes concernées y consacrent déjà du temps ou de l’argent
3.4. Transformer une hypothèse en test concret
Un projet structuré ne cherche pas à prouver qu’il a raison. Il cherche à vérifier ce qui tient, et ce qui ne tient pas. À ce stade, il ne s’agit pas de “lancer” le projet, mais de le tester. Cela peut prendre des formes simples :- présenter l’idée à des personnes concernées
- proposer une version très réduite de l’offre
- observer les réactions réelles, pas les encouragements
3.5. Structurer progressivement ce qui fonctionne
Lorsque certains éléments commencent à répondre positivement au test — compréhension, intérêt réel, premiers engagements — le travail consiste à structurer, pas à complexifier. Structurer, c’est :- clarifier la proposition
- simplifier le message
- répéter ce qui fonctionne
4. Choisir un modèle économique viable (et pas seulement séduisant)
4.1. Comprendre ce qui crée réellement de la valeur
Avant de parler de prix, de chiffre d’affaires ou de rentabilité, il est nécessaire de clarifier une chose simple : la valeur n’est pas ce que vous produisez, mais ce que l’autre perçoit comme utile. Un même effort peut créer très peu de valeur… ou beaucoup. La différence ne vient pas du travail fourni, mais de son adéquation avec un besoin précis, dans un contexte précis. Créer de la valeur, c’est :- réduire un effort
- faire gagner du temps
- diminuer un risque
- apporter de la clarté
- ou résoudre un problème bloquant
4.2. Les principaux modèles économiques en création d’entreprise
Il existe de nombreux modèles économiques, mais la majorité des projets débutants s’inscrivent dans quelques grandes catégories. Les plus courants sont :- La vente de service : expertise, accompagnement, prestation. Simple à lancer, mais souvent dépendant du temps humain.
- La vente de produit : physique ou numérique. Demande plus d’anticipation, mais offre une meilleure dissociation entre temps et revenu.
- L’abonnement : récurrence et visibilité, mais nécessite une valeur continue clairement perçue.
- Le modèle hybride : combinaison de services et de produits, souvent plus robuste à moyen terme.
4.3. Adapter le modèle à sa réalité personnelle
Un modèle économique séduisant sur le papier peut être totalement incompatible avec la réalité de la personne qui le porte.Vision 2026 : La création d’entreprise « Augmentée »
Traditionnellement, créer son entreprise signifiait recruter pour grandir. Aujourd’hui, la stratégie a changé : on utilise l’IA pour multiplier sa force de frappe sans augmenter sa masse salariale. Un entrepreneur seul, équipé des bonnes automatisations, peut aujourd’hui abattre le travail d’une équipe de cinq personnes. C’est ce qu’on appelle la création d’entreprise augmentée : un modèle où l’humain décide et la machine exécute.- le temps réellement disponible
- la capacité à vendre ou à se rendre visible
- le niveau de risque acceptable
- la tolérance à l’incertitude financière
4.4. Clarifier la logique de revenu dès le départ
Même à un stade très précoce, il est utile de répondre à une question simple : comment ce projet est-il censé générer de l’argent, concrètement ? Cela implique de clarifier :- qui paie
- pour quoi
- à quel moment
- et dans quelles conditions
4.5. Tester la viabilité avant d’optimiser
Beaucoup de projets cherchent à optimiser trop tôt : prix, fiscalité, automatisation, outils. Or, l’optimisation n’a de sens que si la base est viable. Avant d’optimiser, il faut vérifier :- que la proposition est comprise
- que la valeur est perçue
- que des personnes sont prêtes à payer
5. Structurer son projet avant les démarches administratives
5.1. L’erreur classique : commencer par l’administratif pour se rassurer
Lorsque l’incertitude est forte, il est tentant de se réfugier dans ce qui est tangible. Créer son entreprise juridiquement, déposer un nom, ouvrir un compte bancaire ou publier une annonce légale donne le sentiment d’avancer. En réalité, ces démarches rassurent psychologiquement, mais elles ne sécurisent pas le projet. Elles peuvent même produire l’effet inverse :- donner l’illusion que le projet est “lancé”
- figer des choix trop tôt
- rendre plus coûteux les ajustements nécessaires
5.2. Ce qui doit être clair avant toute immatriculation
Avant de passer par les démarches officielles, certaines briques doivent être suffisamment solides. Pas parfaites, mais claires. Un minimum de cadrage est nécessaire sur :- la proposition : ce qui est réellement proposé
- la cible : à qui cela s’adresse concrètement
- la logique de revenu : comment l’argent entre
- les premiers canaux de contact ou de vente
5.3. Le rôle réel de l’étude de marché
L’étude de marché est souvent perçue comme un exercice scolaire ou administratif. Dans les faits, son rôle est beaucoup plus simple. Elle sert à :- vérifier que le problème existe réellement
- comprendre comment il est traité aujourd’hui
- identifier les acteurs déjà en place
5.4. Le business plan comme outil de décision, pas de séduction
Le business plan est souvent pensé comme un document destiné à convaincre : banque, financeur, organisme. Mais son premier rôle est interne. Un business plan utile permet de :- poser des hypothèses chiffrées
- visualiser des scénarios
- identifier les points de tension
5.5. Ne pas figer trop tôt ce qui doit rester flexible
Certaines décisions sont difficiles à modifier une fois prises :- le statut juridique
- la répartition du capital
- les engagements financiers lourds
- l’offre
- le positionnement précis
- les canaux d’acquisition
6. Choisir son cadre juridique et organisationnel sans se piéger
6.1. Le statut juridique : un outil, pas une identité
Le choix du statut juridique est souvent surinvesti émotionnellement. On y projette de la sécurité, de la crédibilité, parfois même une forme de reconnaissance sociale. Dans les faits, un statut n’a qu’un rôle : permettre à un projet d’exister légalement dans un cadre donné. Il ne rend pas un projet viable. Il ne le protège pas d’un marché absent. Il ne crée ni clients, ni chiffre d’affaires. Chercher “le bon statut” avant d’avoir une activité réelle revient à optimiser un contenant avant d’avoir clarifié le contenu.6.2. Comprendre les grandes logiques plutôt que comparer des sigles
Plutôt que de comparer des formes juridiques ligne par ligne, il est plus utile de comprendre les grandes logiques qu’elles impliquent. Quelques axes simples :- Responsabilité : ce que vous engagez personnellement
- Régime social : protection, cotisations, couverture
- Souplesse : facilité à ajuster le projet
- Coût de fonctionnement : comptabilité, obligations, charges
6.3. Commencer simple pour garder de la liberté
Dans de nombreux cas, la simplicité est un avantage stratégique. Un cadre léger permet :- de tester sans pression excessive
- d’ajuster rapidement
- de limiter les coûts fixes
- des obligations financières
- des contraintes administratives
- des décisions difficiles à revenir en arrière
6.4. Organisation personnelle : éviter le piège de l’“esclavpreneur”
Un autre piège fréquent ne vient pas du statut juridique, mais de l’organisation du travail. Beaucoup de projets viables économiquement deviennent intenables humainement. Le porteur de projet se retrouve indispensable à tout : vente, production, gestion, relation client. Ce modèle crée ce que l’on appelle souvent l’“esclavpreneur” : une activité qui fonctionne, mais qui enferme. Dès le départ, il est utile de réfléchir à :- ce qui dépend uniquement de vous
- ce qui peut être simplifié
- ce qui pourra être délégué plus tard
6.5. Poser un cadre évolutif, pas définitif
Un bon cadre juridique et organisationnel n’est pas figé. Il est conçu pour évoluer avec le projet. Cela implique d’accepter que :- certaines décisions seront temporaires
- des ajustements seront nécessaires
- le projet changera de forme
7. Se lancer sans se cramer : avancer par paliers
7.1. Accepter que l’incertitude ne disparaît jamais totalement
Beaucoup attendent le moment où “tout sera clair” pour se lancer. Ce moment n’existe pas. L’incertitude ne disparaît pas avec plus d’informations, elle se réduit par l’action mesurée. Se lancer sans se cramer commence par accepter une réalité simple :- il y aura toujours une part d’inconnu
- toutes les réponses ne sont pas disponibles au départ
- le projet se clarifie en avançant
7.2. Avancer par paliers plutôt que par saut dans le vide
Se lancer ne signifie pas tout quitter, tout investir ou tout miser d’un coup. Cette vision binaire est l’une des principales sources d’échec et d’épuisement. Un projet peut avancer par paliers :- tester une offre en parallèle d’une activité existante
- limiter volontairement l’exposition financière
- réserver des plages de temps dédiées
- valider une hypothèse
- ajuster le projet
- décider du palier suivant
7.3. Gérer l’énergie avant de gérer la performance
L’épuisement n’est pas un problème de motivation. C’est un problème de gestion d’énergie. Un projet naissant consomme :- de l’attention
- de la charge mentale
- du temps émotionnel
- Combien de temps puis-je consacrer sans me mettre en danger ?
- Quelles tâches me coûtent le plus d’énergie ?
- Qu’est-ce qui peut être simplifié ou repoussé ?
7.4. Mesurer pour décider, pas pour se juger
Mesurer est indispensable. Mais mesurer ne sert pas à se juger, ni à se comparer. Les indicateurs utiles au départ sont simples :- les retours concrets des personnes rencontrées
- les signes d’intérêt réel
- les premières transactions ou engagements
- continuer
- ajuster
- ou arrêter proprement
7.5. Reconnaître les signaux faibles avant l’épuisement
Un projet commence à “cramer” bien avant l’arrêt brutal. Les signaux sont souvent discrets :- perte de clarté
- décisions repoussées
- fatigue chronique
- confusion entre urgence et importance
- réajuster le rythme
- simplifier le périmètre
- revenir à l’essentiel
8. Donner un rôle clair au projet dans sa vie
8.1. Le projet n’est pas toute la vie, il en est une partie
L’un des pièges les plus silencieux consiste à laisser le projet occuper tout l’espace. Quand tout devient “prioritaire”, plus rien ne l’est réellement. Un projet d’entreprise n’a pas vocation à absorber l’identité, les relations ou la santé. Il a un rôle fonctionnel : répondre à une demande, créer de la valeur, générer des revenus dans un cadre donné. Clarifier la place du projet permet de :- prendre de meilleures décisions
- éviter les sacrifices irréversibles
- tenir dans la durée
8.2. Clarifier ses objectifs sans mythifier la “réussite”
Le mot “réussite” est souvent surchargé de projections extérieures. Dans ce cadre, il devient flou, culpabilisant ou paralysant. Ici, on sort volontairement de ce débat. Il n’y a pas de réussite universelle. Il y a :- des objectifs définis
- des objectifs atteints ou dépassés
- et des objectifs non atteints
8.3. Identifier les profils pour mieux se situer
Sans juger, il est utile de distinguer plusieurs postures fréquentes :- Le wannapreneur : beaucoup d’intentions, peu de confrontation au réel.
- L’esclavpreneur : une activité qui fonctionne, mais qui enferme totalement la personne.
- L’entrepreneur : quelqu’un qui construit une réponse structurée à une demande réelle de création d’entreprise.
- Le créateur de valeur augmentée : une personne qui met en place des systèmes, mesure, ajuste et réduit sa dépendance opérationnelle.
8.4. Le rôle social de l’entrepreneuriat, sans rôle mondain
Dans la réalité économique, l’entrepreneuriat a un rôle social fort :- créer de l’activité
- répondre à des besoins
- faire circuler de la valeur
8.5. Poser des limites claires dès le départ
Donner un rôle clair au projet implique aussi de poser des limites :- des limites de temps
- des limites financières
- des limites personnelles
Conclusion — Créer son entreprise sans se raconter d’histoire
Créer son entreprise n’est ni un acte héroïque, ni une faute, ni une quête de reconnaissance. C’est un processus concret, imparfait, progressif. Ce qui fait la différence dans la durée n’est pas le statut, ni l’idée, ni la motivation. C’est la capacité à :- poser un cadre
- tester dans le réel
- mesurer sans se juger
- ajuster sans s’acharner
- Un projet précède toujours le statut.
- La valeur précède le revenu.
- La clarté précède la motivation.
- Mesurer permet de décider, pas de se juger.
- Créer son entreprise, c’est faire vivre un projet dans le réel.
Ressources et références
- INSEE — Les créations d’entreprises en 2024 (statistiques officielles)
- Bpifrance Creation — La création d’entreprise en 2024 et son évolution depuis 2012
- Bpifrance Creation — La création d’entreprise en France : année 2024 (PDF)
- Bpifrance Creation — Indice Entrepreneurial Français (IEF) 2025
- Digitalchimist — Guide complet pour intégrer l’IA à votre création d’entreprise
- INPI — Guichet unique : portail des formalités (procédures en ligne)
- Service-Public.fr — Coût des formalités de création d’une société (immatriculation)
- Service-Public.fr — ACRE : aide à la création ou reprise d’entreprise
- France Travail — ARCE : aide à la reprise ou création d’entreprise
- Ministère du Travail — Référentiel national qualité : guide de lecture Qualiopi
FAQ : Stratégie et leviers de la création d’entreprise
1. Pourquoi la majorité des structures échouent-elles la première année ?
L’échec d’une création d’entreprise n’est pas dû à un manque de motivation, mais à un manque de lucidité commerciale. Beaucoup de porteurs de projet construisent une solution sophistiquée pour un problème qui n’existe pas ou qui n’est pas assez douloureux pour justifier un paiement. La réussite repose sur la réduction de l’incertitude : tant que vous n’avez pas un engagement financier, votre projet reste une hypothèse.
2. Faut-il avoir été salarié avant de se lancer dans une création d’entreprise ?
Non, c’est un mythe persistant. Le salariat vous apprend à exécuter dans un cadre défini par autrui, tandis que la création d’entreprise exige de définir le cadre soi-même. Attendre des années de « bureau » pour se sentir légitime est souvent une forme de procrastination. L’expérience terrain et la capacité d’apprentissage rapide valent bien plus que dix ans de conformisme en entreprise.
3. Vaut-il mieux avoir un associé humain ou un « associé technologique » (IA) ?
Le choix d’un associé pour votre création d’entreprise est un mariage juridique lourd. Avant de céder des parts, demandez-vous si vos besoins sont stratégiques ou opérationnels. Pour l’opérationnel (marketing, administratif, gestion), l’IA et l’automatisation agissent comme des « associés silencieux » qui ne demandent ni capital ni salaire, tout en offrant une agilité supérieure.
4. Comment valider la viabilité de sa création d’entreprise sans prendre de risques inutiles ?
Utilisez la technique du « Produit Minimum Viable » (MVP). Ne cherchez pas la perfection. Testez votre offre manuellement auprès de vrais clients, recueillez les feedbacks réels et ajustez votre modèle. Une création d’entreprise intelligente est une succession de petits tests qui réduisent le risque financier au fur et à mesure que la traction commerciale augmente.
5. Quel est l’impact réel de l’IA sur la productivité d’une jeune création d’entreprise ?
L’IA permet de multiplier votre force de frappe sans augmenter vos coûts fixes. En intégrant l’automatisation dès la création d’entreprise, vous pouvez abattre seul le travail d’une équipe entière sur les tâches à faible valeur ajoutée. Cela libère votre temps pour la seule chose qui compte vraiment au début : la vente et la relation client.
6. Comment choisir entre micro-entreprise et société pour sa création d’entreprise ?
La micro-entreprise est un excellent bac à sable pour démarrer une création d’entreprise avec un risque minimal. Cependant, dès que vos frais de fonctionnement (outils IA, publicité, sous-traitance) deviennent significatifs, la société (SASU/EURL) devient fiscalement plus avantageuse car elle permet de déduire vos charges réelles de votre bénéfice imposable.
7. Quelles sont les aides financières cruciales pour une création d’entreprise en 2026 ?
Des leviers comme l’ARCE (versement du capital de vos droits chômage) restent fondamentaux. Mais attention : une création d’entreprise ne doit jamais survivre sous perfusion. Utilisez les aides comme un capital d’investissement pour automatiser vos processus et acquérir vos premiers clients, plutôt que comme un simple salaire de subsistance.
8. Comment éviter le piège de l’entrepreneur « homme-orchestre » ?
La clé est la documentation et l’automatisation précoce. Pour que votre création d’entreprise soit pérenne, vous devez construire un système, pas un job. Chaque tâche répétitive doit être déléguée à une machine ou à un processus clair. C’est la seule voie pour passer d’un statut d’esclave de son activité à celui de créateur de valeur augmentée.
